01.03.24
Notre oreille comprend trois parties principales : l'oreille externe, qui capte les sons environnant, l'oreille moyenne qui les amplifie et l'oreille interne qui les transmet au cerveau. Pourtant, l'oreille interne ne nous permet pas seulement de bien entendre ! Elle contient également le système vestibulaire, un organe sensoriel qui nous permet d'avoir conscience de nos mouvements et contribue à notre équilibre. Cette page vous présente ses fonctions, les principaux troubles qui peuvent l'atteindre et les traitements associés.
Le système vestibulaire, également connu sous le nom d’appareil vestibulaire, est un ensemble complexe de structures situées dans l'oreille interne, qu’il constitue avec la cochlée. Sa principale fonction est de fournir au cerveau les informations liées à nos mouvements et à la position de notre tête dans l’espace. Il nous permet donc d’avoir conscience de notre équilibre et de maintenir notre stabilité posturale, tout en assurant la coordination des mouvements oculaires pour stabiliser notre regard pendant nos déplacements. Ainsi, lorsque nous bougeons les yeux, le système vestibulaire s’active. Le réflexe vestibulo-oculaire (RVO) se met alors en marche pour stabiliser les images sur la rétine.
Le système vestibulaire se compose du labyrinthe postérieur (canaux semi-circulaires, utricule et saccule), du nerf vestibulo-cochléaire et de ses noyaux qui participent à la transmission des données jusqu’au cerveau. Le nerf vestibulo-cochléaire est tout simplement la fusion du nerf cochléaire (audition) et du nerf vestibulaire (équilibre). Avant qu’il puisse transmettre ses informations au cerveau, le système vestibulaire assure un véritable travail de capteur de mouvements.
Les canaux semi-circulaires sont trois structures courbes remplies de liquide et disposées perpendiculairement les unes par rapport aux autres. Chaque canal est sensible à un mouvement spécifique de la tête. Lorsqu’elle bouge, le déplacement du liquide à l’intérieur des canaux stimule les cellules ciliées sensorielles, de petites structures en forme de cils qui détectent les mouvements et les convertissent en signaux électriques compréhensibles pour le cerveau.
L’utricule et la saccule, également appelés organes otolithiques, sont situées à la base des canaux semi-circulaires. Elles sont sensibles aux accélérations et aux changements de position de la tête par rapport à la gravité. À l’intérieur de ces organes, on retrouve des cristaux de carbonate de calcium, les otolithes, reposant eux aussi sur des cellules ciliées. Lorsque la tête bouge, les otolithes déplacent les cellules ciliées et déclenchent des impulsions nerveuses qui signalent au cerveau les changements de position et d’accélération.
En résumé, les canaux semi-circulaires détectent les rotations de la tête tandis que les organes otolithiques détectent les accélérations et les changements de position du corps par rapport au sol.
On prend souvent conscience du système vestibulaire au moment où il dysfonctionne, par exemple lorsque l’on est sujet à un vertige. Il existe plusieurs maladies de l’oreille interne, perturbant selon les cas l’équilibre et/ou l’audition.
Lorsque le système vestibulaire est touché, les vertiges sont fréquents, mais ils ne constituent pas un symptôme suffisant pour établir un diagnostic. En cas de symptôme évocateur, les médecins disposent d’un ensemble de tests comme la vidéonystagmographie (analyse des mouvements oculaires) ou l’épreuve vestibulo-oculaire, qui évalue la coordination entre les mouvements de la tête et les mouvements oculaires. Il s’agit de tests rapides, durant lesquels le médecin fait faire à son patient des mouvements simples à une vitesse donnée. Un bilan auditif peut compléter le diagnostic afin d’évaluer une éventuelle perte d’audition.
Le traitement des troubles vestibulaires dépend de leur cause sous-jacente et de la gravité des symptômes. En cas de vertige paroxystique positionnel bénin, les manœuvres de repositionnement des cristaux sont souvent les plus efficaces. Elles consistent à bouger la tête selon un enchaînement de mouvements précis et règlent la plupart du temps le problème en une à deux séances.
Selon le trouble diagnostiqué, la réhabilitation vestibulaire peut proposer des exercices spécifiques visant à renforcer la compensation du cerveau. Les médicaments sont quant à eux plutôt utilisés pour soulager les symptômes comme les vertiges et nausées, en attendant que le problème de fond soit réglé. Enfin, beaucoup plus rarement, la chirurgie peut être envisagée.
En cas de symptômes ou de doute relatif à votre santé auditive ou vestibulaire, il est essentiel de consulter un professionnel de la santé, comme un médecin ORL, afin de bénéficier d’une prise en charge adaptée.